Chers amis,
Nous entrons bientôt dans la nuit qui fut témoin de « l’aurore du Salut » et de la venue dans la chair de Notre Seigneur Jésus-Christ. Au seuil de cette nuit aimée entre toutes, ma pensée se tourne vers tous ceux qui fêtent sans joie (ou ne fêtent pas, faute de joie) ce mystère.
Je pense aux malades dans leur lit d’hôpital, aux prisonniers dans leur cellule, à tous ceux qui sont seuls chez eux. Cette nuit, Jésus, qui est la Lumière, vient à la lumière des hommes, qui vont reconnaître en lui leur Sauveur : Marie le contemple, avec Joseph. Les bergers se pressent. Les mages sont déjà en route pour venir l’adorer. Et les anges qui sont là, par myriades de myriades, célèbrent de leurs chants séraphiques la bénédiction qui descend du ciel sur la terre : « Gloire à Dieu dans les hauteurs et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! »
Malade, que le Christ console ton âme ! Prisonnier, que le Christ te visite ! Tu es seul : qu’entre chez toi la présence vivante de celui qui est sorti vivant du tombeau et qui est entré dans le Cénacle, pourtant portes closes, en disant : « Paix sur vous tous ! » Cette nuit, vous n’êtes pas seuls ! Le ciel est ouvert et notre solitude est habitée par la présence de tous ceux qui trouvent en Jésus le motif de leur espérance et le guide de leur vie dans l’obscurité du temps.
Je pense aussi aux familles qui se rassemblent pour cette fête qui célèbre la famille. En contemplant la crèche, nous avons en miroir nos propres familles. Mais l’harmonie et la paix qui se dégagent de la sainte famille de Bethléem font souvent défaut à nos familles : déposons, en montant à la crèche avec les bergers, les rancœurs, les incompréhensions, les vieilles histoires, car nous célébrons la venue de Celui qui fait toutes choses nouvelles. Dans nos âmes, dans nos familles et au-delà.
Je pense à tous ceux qui, en esprit de service, ne sont pas dans leurs foyers pour cette nuit toute particulière. Pompiers, soldats, policiers, gendarmes, qui veillent, sur le sol de la patrie ou au loin, pour que nous puissions fêter Noël sans crainte ni danger. Ils sont comme les bergers qui veillent le troupeau. Notre prière les soutient et les accompagne.
Je pense à ceux qui fêtent Noël sans savoir pourquoi. Qu’ils réalisent ceci : les cadeaux qu’on pose au pied du sapin et qu’on s’échange dans de joyeuses embrassades sont un reflet du cadeau qui nous est fait cette nuit : « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! ». Nous sommes gratifiés par Dieu d’un don qui ne passe pas : le Salut en Jésus-Christ.
Je pense enfin à tous ceux, moines et moniales, religieux et religieuses, de toute règle et de tout habit, qui vont entrer dans la longue prière nocturne de louange et d’action de grâces : « Christus natus est nobis, venite adoremus ! – Le Christ est né pour nous, venez, adorons-le ! » (Invitatoire des Matines de Noël). Eux aussi seront loin de leurs familles selon la chair, mais ils seront proches dans la prière de tous ceux qui, en esprit, cette nuit, seront pressés au pied de la crèche.

P.S. Nous recevons avec grande joie vos vœux, par courriel (en répondant à ce message) ou par courrier (Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, 2 route de Ballée, 53340 Chémeré-le-Roi). Tous les messages sont lus.
