Tous les frÚres de la communauté vous souhaitent une sainte nuit de Noël !
Le chĆur, jardin de la Vierge
En 2023, la FraternitĂ© Saint-Vincent-Ferrier consacrait son maĂźtre autel avec le retable sculptĂ© par Remy Insam, dans un style gothique du Tyrol. Cette annĂ©e, les colonnes de la nef de lâĂ©glise ont Ă©tĂ© ornĂ©es de bandes de fausse pierre noires et blanches, alternĂ©es, dans le plus pur style italien. Et bientĂŽt le chĆur sera pourvu de stalles gothiques, et dâune chaire, placĂ©e Ă la sĂ©paration de la nef et du chĆur : « De sorte que le frĂšre prĂ©dicateur soit considĂ©rĂ© comme un canal par lequel lâĂglise transmet lâenseignement de la tradition et des docteurs Ă lâĂglise militante », comme lâexplique Anthony Delarue, lâarchitecte du projet.

Car il a le sens de lâarchitecture sacrĂ©e : « Partant du gothique de lâautel nous avons adaptĂ© le niveau de dĂ©coration : le chĆur nâest pas un lieu de sacrement, et donc doit ĂȘtre plus sobre, conforme Ă son rĂŽle. Cette hiĂ©rarchie descend de lâautel jusquâĂ la nef, et reprĂ©sente, en termes physiques, la totalitĂ© de lâĂglise â triomphante, souffrante et militante. » Pas de dorures pour les stalles, mais du chĂȘne patinĂ©, plus sombre, plus chaste, moins glorieux.
On pourrait craindre le mĂ©lange des styles mais non, justement : la variĂ©tĂ© des styles est le symbole mĂȘme du passage du temps, de la continuitĂ© ; la variĂ©tĂ© des influences, celle de lâuniversalitĂ© de lâĂglise, proprement inclusive. Mais ce gothique, quand mĂȘme, nâest-on pas dans le pastiche ? « Pas du tout ! Ce travail fait partie dâune longue tradition de menuiserie en chĂȘne massif, une tradition sans rupture. Au niveau stylistique, les dĂ©tails et les formes, mĂȘme dans une tradition gothique, restent simples et de nos jours, du XXIe siĂšcle avec les racines passant par le mouvement liturgique au XXe, quand jâai appris mon mĂ©tier. Personne ne pourrait les confondre avec des stalles anciennes ! » Anthony Delarue parle en expert puisquâil restaure depuis plus de trente ans nombre de stalles anciennes, et parfois conçoit de nouveaux ensembles, comme celui de Wigratzbad.
Câest lĂ quâil a rencontrĂ© en 2023 le PĂšre Augustin-Marie Aubry, le prieur de la FraternitĂ© Saint-Vincent-Ferrier. InvitĂ© Ă sĂ©journer Ă ChĂ©merĂ©-le-Roi, il a imaginĂ© en quelques mois un projet de plus de trente stalles. Le projet, validĂ© en chapitre en 2024 (« La FraternitĂ© Saint-Vincent-Ferrier est composĂ©e d'hommes qui savent ce qu'ils veulent et qui ne demandent rien avant d'y avoir longuement rĂ©flĂ©chi ! » salue lâarchitecte), a Ă©tĂ© lancĂ© il y a plus dâun an : appels dâoffres auprĂšs des entreprises habituĂ©es Ă travailler sur le patrimoine, visite de six menuiseries, choix en 2025 des ateliers Aubert-Labansat, sis Ă Coutances, « entreprise de restauration de monuments historiques », qui a participĂ© au grand chantier de Notre-Dame de Paris en reconstruisant lâescalier de la flĂšche.

Câest Ă Coutances que chaque piĂšce â en chĂȘne sarthois, sciĂ© en Mayenne : un projet localiste ! âest taillĂ©e et assemblĂ©e au moment idoine (« le bois est Ă 14% dâhumiditĂ©, on attend quâil soit Ă 11% » explique le chef des ateliers) ; que chaque sculpture est rĂ©alisĂ©e, aprĂšs avoir validĂ© les modĂšles en argile, pour les plus dĂ©licates, comme les grands motifs vĂ©gĂ©taux, fleurs et fruits, qui dĂ©coreront les jouĂ©es des stalles. « Le chĆur est le jardin de la Vierge et sa dĂ©coration âtraduitâ le texte de lâoffertoire de la messe du Rosaire. », prĂ©cise le PĂšre Aubry. ObaudĂte me, divĂni fructus, et quasi rosa plantĂĄta super rivos aquĂĄrum fructificĂĄte : quasi LĂbanus odĂłrem suavitĂĄtis habĂ©te (« Ă©coutez-moi, mes pieux enfants, et grandissez comme la rose au bord dâun cours dâeau. Comme le Liban rĂ©pandez une bonne odeur »).
Les stalles seront installĂ©es en juillet 2026, aprĂšs un assemblage âen blancâ au printemps : pour vĂ©rifier au millimĂštre prĂšs que tout est en place : invisibles, mais primordiaux, la qualitĂ© des matĂ©riaux et lâexcellence des savoir-faire, qui remontent au Moyen Ăge, garantissent que les stalles dureront des siĂšcles. ForĂȘts sĂ©culaires, traditions mĂ©diĂ©vales et liturgies anciennes se conjugueront pour que lâenseignement de la tradition se dĂ©ploie aujourdâhui.
Sâinscrire dans la tradition.
Anthony Delarue est membre du Traditional Architecture Group du Royal Institute of British Architects. « Jâai eu la chance, Ă©levĂ© en Angleterre, dâĂȘtre Ă lâĂ©cole prĂšs dâune grande Ă©glise mĂ©diĂ©vale, et chaque matin nous Ă©tions dans les stalles pour le rassemblement, donc lâesprit de chĆur fait partie de ma formation. J'en suis trĂšs reconnaissant Ă la Providence. » Dans un entretien Ă lâOscottian Magazine, A. Delarue expliquait : « La seule chose que je nâai jamais apprise est le modernisme, quoi que cela puisse ĂȘtre. » Car il a travaillĂ© Ă la restauration du sĂ©minaire anglais St Mary's College, Ă Oscott, prĂšs de Birmingham : « la chapelle, conçue par le cĂ©lĂšbre architecte XIXe anglo-français, Augustus Pugin, contient des stalles flamandes du XVIe siĂšcle. Celles-ci ont une rangĂ©e de pinacles, contre le mur, que jâai adoptĂ©e Ă ChĂ©merĂ©. Ăa sert Ă adoucir une ligne dure horizontale. » RĂ©sumons-nous : la tradition offre des solutions.
Aidez-nous à la construction des stalles et de la chaire, pour la louange de Dieu et la prédication !
Votre don fera grandir une communautĂ© de prĂȘcheurs, en lui offrant des stalles pour accueillir les frĂšres et les futures vocations :
- du chĂȘne de la Sarthe, sciĂ© en Mayenne
- réalisation confiée aux ateliers Aubert-Labansat, dans la Manche
- fabrication commencée en octobre 2025
Découvrez les détail du projet sur https://www.chemere.org/decouvrez-les-futures-stalles/

