Le délicat problème de la PMA

L’œuvre de chair

Pour faire un embryon, il faut que l’homme verse dans le ventre de la femme une semence (le sperme) et que cette semence rencontre l’ovule. Cette rencontre réalise une fécondation, qui donne une cellule appelée zygote. Cette cellule en se développant donne l’embryon. Cet œuf minuscule, qui possède déjà tout son patrimoine génétique propre et unique, va grandir au chaud pendant neuf mois dans le sein maternel. Tous, nous avons été zygote puis embryon.

Tout part d’un amour entre un homme et une femme. Cet amour qu’ils ont dans la tête et dans le cœur, ils le traduisent en se donnant corporellement l’un à l’autre dans une étreinte. En s’unissant l’un à l’autre, ils transmettent la vie. Ils coopèrent magnifiquement à l’œuvre de Dieu créateur (d’où le mot « procréation »). Leur amour a un fruit, ce fruit a une valeur infinie, c’est une personne humaine. C’est toi, c’est moi. C’est beau, n’est-ce pas ?

La technique s’en mêle

Ces jours-ci, on discute partout PMA. Qu’est-ce que c’est ? « Procréation médicalement assistée », c’est-à-dire qu’on imite le processus naturel décrit plus haut, mais en introduisant la technique médicale. La fécondation n’a plus lieu dans l’utérus de la maman, mais dans une éprouvette… Le but est de permettre à ceux qui sont empêchés d’avoir un enfant, d’en avoir un quand même. Si c’est le père qui ne peut donner sa semence, on la demande à un autre homme. Mais alors qui est le papa ? Est-ce celui qui vit avec la maman ou bien celui qui a donné le sperme ? La PMA brouille les origines. C’est une des raisons pour lesquelles ce progrès technique pose beaucoup de problèmes éthiques.

Désir contre dignité

Aujourd’hui, la question qu’on veut résoudre est celle-ci : comment puis-je avoir un enfant, alors que j’en suis empêché(e) par la nature ? Le désir des parents est premier et on élabore des techniques (la PMA) pour répondre à ce désir. En fait, la vraie question à se poser est : qui souhaiterait venir au monde par PMA ? Cela signifie : être conçu dans une éprouvette, non dans le sein maternel ; être choisi sur des critères génétiques au gré du désir des parents ; être le fruit d’une sélection parmi plusieurs autres embryons « frères » et « sœurs » ; dans bien des cas, ne pas connaître son père biologique (celui qui donne la semence).

Mais cela, c’est dans le meilleur des cas, quand l’embryon vient au monde. Car, à l’heure où tu lis ces lignes, il y a des milliers et des milliers d’embryons congelés dans des frigos, qui attendent qu’un désir leur donne le droit de vivre et de se développer. Quant à ceux qui ne seront pas sélectionnés, ils seront détruits. Cette technique de reproduction, qui détruit et sélectionne, est-elle conforme à la dignité d’une personne humaine ?

 

Père Augustin-Marie

texte paru dans Actuailes n° 103 – 18 septembre 2019