Réflexions sur les conversions des musulmans au christianisme

Le phénomène de conversion de l’islam au christianisme, que l’on signale en de nombreux pays, tant musulmans qu’occidentaux, ne devrait pas nous étonner. C’est la renaissance du christianisme des origines;, nous sommes en quelque sorte revenus au temps des catacombes : il y a bien une progression réelle, quoique difficilement quantifiable, de la foi chrétienne dans les rangs de son implacable ennemi, l’islam.

 

L’ampleur du phénomène est difficile à évaluer. C’est surtout par la réaction des autorités dans les pays islamiques qu’il est possible de s’en faire une idée ; cette réaction, essentiellement répressive et diffamatoire, est proportionnelle à la fréquence des conversions. S’il n’y a point d’enquêtes et encore moins de statistiques, c’est que la conversion au christianisme, du point de vue des musulmans, est bien pire que l’athéisme,; elle s’apparente à la trahison;, par conséquent, elle doit être réprimée et, dans la mesure du possible, tenue secrète. Le converti est une source de déshonneur pour sa famille, et il n’est d’ailleurs pas rare qu’il soit tué par ses proches. S’il n’est plus musulman, il est automatiquement divorcé de son épouse, et il perd ses droits sur ses enfants. Voilà pourquoi il est très rare que les convertis se déclarent publiquement chrétiens. Pour des raisons différentes, les autorités choisissent la discrétion, car elles craignent l’effet d’entraînement ou de contagion.

 

Il arrive aussi quelque fois que les persécuteurs eux-mêmes découvrent le Christ, ils le rencontrent à travers leur victime. Des militants fondamentalistes se sont convertis après avoir lu le Nnouveau Ttestament, ils pensaient y trouver des éléments qui pourraient les aider à réfuter les mystères chrétiens.

 

En Égypte, par exemple, les autorités ont systématiquement minimisé le nombre de chrétiens. Ils étaient six millions il y a cinquante ans, à une époque où la population de l’Égypte s’élevait à un peu moins de quarante millions de personnes. À présent, la population est évaluée à quatre-vingt-dix millions, mais les coptes ne formeraient pas plus que dix pour cent des habitants, selon les estimations des autorités ! Le pape copte Tawadros a révélé à la télévision égyptienne que le nombre réel de coptes est nettement plus élevé, la compilation des registres de paroisses fait état de plus de quinze millions, certains même parlent de vingt millions, sans compter les coptes de la diaspora, dont le nombre s’élève à trois millions environ. Les musulmans convertis au christianisme ne sont pas inclus, car officiellement ils sont musulmans et légalement ils n’ont pas le droit de changer de religion.

 

Conclusion : le christianisme avance sous le radar.

 

Tout le monde s’accorde pour dire qu’Internet et la télévision par satellite ont joué un rôle de premier plan dans la « vague de conversion » de l’islam au christianisme. La conversion est présentée comme un passage ou une traversée (en arabe oubour) des ténèbres vers la lumière. En arabe, c’est le mot aber au masculin, et abera au féminin, qui sont utilisés pour désigner les convertis ; ces mots signifient celui ou celle qui a traversé (aberine au pluriel). La conversion intime s’apparente donc à un « rite de passage intérieur », une sorte de « baptême du cœur ». Il arrive souvent que ce passage se fasse en direct sur une ligne ouverte, lors d’un programme télévisé produit par une chaîne d’évangélisation, opérée dirigée par des convertis de longue date. Le candidat appelle pour faire valoir son opinion sur le sujet de l’émission, il (ou elle) fait part de son rejet de l’islam et de sa rencontre avec le Christ. Mais le pas décisif n’est pas encore franchi, l’animateur lui pose alors la question de savoir s’il se sent prêt ou s’il préfère se donner du temps, et c’est à cet instant que, dans la majorité des cas, le candidat décide d’aller de l’avant. L’animateur lui demande s’il veut réciter avec lui une prière dans laquelle il accepte le Christ comme Seigneur et Sauveur, le candidat accepte et une courte prière est récitée, non sans une profonde émotion, perceptible au timbre de la voix. Dans tous les cas, un suivi est assuré, soit par l’animateur lui-même, soit parou un membre de son équipe. Ce suivi a pour but de soutenir le nouveau converti et de le guider dans ses démarches en vue du baptême.

 

Plusieurs émissions sont consacrées au témoignage direct d’anciens musulmans convertis au christianisme. Le dernier en date concerne un Éégypto-américain, ancien officier des forces spéciales égyptiennes, qui a émigré aux États-Unis dans les années soixante-dix. Homme d’affaires, il a trempé dans le djihadisme, est allé guerroyer en Afghanistan du temps de Reagan et a bien connu le Sheikh Omar Abd el Rahman (le Sheikh aveugle), responsable du premier attentat du World Trade Center de New York. Témoin à charge contre son gré, il a dû abandonner son commerce et, avec l’aide du FBI, a dû changer d’identité et constamment de lieu de résidence pour ne pas s’exposer à la vengeance des islamistes. Sans le sou et exténué, il s’est réfugié un jour dans une église, il y a fait la rencontre du Christ à travers des fidèles qui l’ont accueilli, soutenu et encouragé. Il décrit sa conversion comme une profonde transformation intérieure : « Je ne suis plus le même homme ! »

 

Ce type d’émission, en direct ou en différé, rejoint des millions de musulmans arabophones à travers le monde. Ils y trouvent tout d’abord des informations précises et objectives sur l’islam (coran, sunna, hadiths, charia, histoire, etc.). Elles leur sont données par des ex-musulmans très bien documentés, avec références à l’appui, et sans le moindre esprit polémique. Mais ils y trouvent aussi des informations sur le christianisme, qui leur permettent de se défaire des idées fausses et tendancieuses qui leur ont été inculqués. Deux thèmes sont particulièrement mis en lumière : l’amour de Dieu et le salut par Jésus-Christ. Ces deux éléments sont cruciaux pour les musulmans, dans la mesure où Allah leur inspire une crainte servile et où leur salut est incertain. Pour rappel, le salut dans l’islam est le produit d’une comptabilité tatillonne, qui jette dans la balance les actes bons et mauvais du croyant. Cette comptabilité est tenue par deux anges qui, au terme de la vie, dressent un bilan final, lequel déterminera le sort post-mortem du croyant. Or Mahomet lui-même a déclaré ne pas être certain de son propre salut;, on devine alors l’angoisse que vivent les musulmans, d’autant plus que les tourments de l’enfer, tels qu’ils sont décrits dans le coran, sont particulièrement horribles, pour ne pas dire sortis d’un esprit sadique.

 

La dimension affective tient par conséquent une place centrale dans la conversion du musulman. L’amour de Dieu, la rédemption, le pardon des péchés, le libèrent de cette angoisse morbide qui le contraignait à une pratique obsessionnelle des fameux cinq piliers de l’islam. Les troubles obsessionnels sont d’ailleurs très fréquents chez les musulmans, surtout en ce qui a trait aux ablutions qui précèdent la prière.

 

Un autre point important réside dans le fait que le « suprématisme » islamique (« Vous êtes la meilleure communauté suscitée parmi les hommes ; vous ordonnez le bien et interdisez ce qui est défendu » (Coran, S. 3, V. 110) joue un rôle compensatoire. Le musulman, quoiqu’incertain quant à son salut, trouve néanmoins une compensation dans le fait que « les non-musulmans iront tous en enfer »  (Coran, Ss. 76, V.v 4). Lui au moins a une chance ; la foi dans l’islam lui accorde donc la supériorité dans ce monde et dans l’autre. Or nous assistons depuis plus de trente ans à une montée progressive du « suprématisme » islamique, lequel s’exprime par le djihadisme et les horreurs qui en ont résulté. « Suprématisme » est donc devenu synonyme d’extrémisme et d’effusions de sang. Le « suprématisme » accordé par Allah est la voie grande ouverte au crime, un nombre substantiel de musulmans se laisse prendre, mais un nombre encore plus important le rejette, d’autant plus que les factions rivales, qui s’entretuent sans état d’âme, sont toutes convaincues de représenter le meilleur de la « meilleure communauté suscitée parmi les hommes ». Cette certitude qui habite le musulman se trouve par conséquent ébranlée, le témoignage le plus probant de la foi islamique est le fait de musulmans qui tuent et sont tués systématiquement. On peut donc affirmer que le phénomène d’abandon de l’islam et de conversion au christianisme est en partie dû à la perte d’illusions quant à la supériorité morale de l’islam.

 

L’islam semble avoir atteint et dépassé le point de non-retour. Les réformateurs de l’islam déploient des efforts désespérés pour redresser la situation, mais ils se battent avec les deux mains liées derrière le dos, du fait qu’ils ne peuvent toucher ni au coran ni à la sunna de Mahomet. En fait, ils ne font que cracher pour éteindre le brasier ! L’islam est pris dans une spirale de mort, sa quête d’authenticité l’amène à s’enfoncer progressivement dans l’horreur et la folie : plus il se montre authentique et plus il perd des adeptes.

 

Il y a de fortes chances que les nouveaux chrétiens issus de l’islam sortent un jour de l’ombre pour régénérer la foi chrétienne, non seulement au Moyen-Orient, mais un peu partout. Église sans institution ecclésiale, ils obligeront les Églises- institutions à faire leur examen de conscience et à se remettre en question. Et qui sait, peut-être donneront-ils un sens nouveau à cette parole de Jésus : « L’heure vient – et c’est maintenant – où les véritables adorateurs adoreront le Père dans l’esprit et la vérité » (Jn 4, 23).

Un Éégyptien chrétien

 

Présentation auteur : Anonyme

L’auteur est un égyptien chrétien vivant au Canada. Témoin de longue date des bouleversements qui remuent de fond en comble son pays d’origine et toute la région du Moyen-Orient, il tente, en se basant sur ses observations, de regarder au-delà de l’actualité pour mieux saisir les courants qui façonneront l’avenir. 

Cet article a été orginellement publié dans le numéro 143 de notre revue Sedes Sapientiæ.