Retraite du Rosaire - février/avril/juillet


La pédagogie dominicaine du rosaire, qui « fait passer le dogme par les mains de Marie », est éminemment pratique et surnaturelle.Elle vient nous prendre au milieu de nos joies, de nos souffrances et nos aspirations terrestres, pour ouvrir une porte sensible et proche à la contemplation du mystère de l’amour que Dieu porte à chacun d’entre nous.La grâce de la méditation du rosaire, c’est « Jésus revivant dans l’âme par l’action maternelle de Marie ».Dans ses mystères joyeux, ses mystères douloureux, ses mystères glorieux, tout le cycle de la communication de Dieu avec les hommes trouve à s’exprimer : l’incarnation, la rédemption, la vie éternelle.La Retraite du Rosaire, en quatre jours, vient réveiller dans l’intimité de l’âme les mystères de son propre salut. Elle offre à chacun une occasion exceptionnelle de se ressourcer et de s’enraciner dans la vie de sa foi.

 

Tarifs de la retraite :

Plein tarif:
196 € pour les retraites de quatre jours (140 € à Saint Maximin)
245 € pour la retraite de cinq jours

Tarif réduit (étudiants, chômeurs et toute autre personne en difficulté) :
130 € pour les retraites de quatre jours (100 € à Saint Maximin)
160 € pour la retraite de cinq jours

 

Dates et lieux : 

27 au 31 décembre au Foyer de Charité de Poissy (78)
14 au 18 février à Notre-Dame du Chêne (72)
19 au 23 avril à Saint Maximin (83)
17 au 22 juillet  à Notre-Dame du Chêne (72) (retraite de 5 jours avec les mystères lumineux)
21 au 25 août au Foyer de Charité de Poissy (78)

Retraite du Rosaire
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Les (fortes) impressions d'un journaliste retraitant :

 « Allez donc faire une Retraite du Rosaire », m'avait recommandé mon curé. Une Retraite du Rosaire ? Dans mon imaginaire, ça sonnait comme une sorte de thé de vieilles dames, un papotage paisible sur les mérites comparés du manteau bleu ciel et du voile rose bonbon de la Sainte Vierge. J'y allai quand même.

Et je découvris tout autre chose. Imaginez, sur les hauts de Poissy, entre route et autoroute, Seine et voie ferrée, au cœur des cités ouvrières et des usines, un parc immense. Une « Part-Dieu », vraiment, symbole de la part que nous abandonnons à Dieu dans notre géhenne de vie. Un morceau de nature belle et noble, mais assiégée par le chaos de la singerie moderne.

Au centre du parc, une grande bâtisse, moderne et simple à l'extérieur, chaleureuse et pratique à l'intérieur. Pierre blonde, bois dorés, sols dallés, recoins doucement éclairés et simplement meublés de fauteuils où l'on peut savourer le silence, beaux livres et vitrines, meubles rustiques et œuvres d'art religieux sauvés des brocanteurs, chapelles douces et accueillantes, tout invite ici au recueillement, à la méditation et à la prière [...].

La libération du silence

Le silence est exigé par les prédicateurs. Pas seulement le silence de la parole, mais le silence des signes, des regards, des sourires, des hochements de tête, des clins d'œil, des gestes. Le silence absolu. L'effet est foudroyant : dès le premier soir, l'autre disparaît.

Il n'est pas rejeté, il perd simplement son identité. Plus de femme, plus d'homme, plus d'aimable drôle ni de vieux ronchon, plus de modèle de bonne éducation ni de goret mal embouché, personne n'est sympathique ou antipathique, jeune ou vieux, laid ou beau.

On pourrait croire la chose gênante, contraire même à la charité. C'est l'inverse. Tout manquement à la muette courtoisie est si vivement ressenti qu'on l'évite comme une incongruité.

Alors le monde extérieur cesse simplement d'exister. On n'attend ni nouvelle, ni information. On devient indifférent à tout ce qui agite l'extérieur.

 

Un volcan à domestiquer

La vie intérieure, du coup, se révèle volcanique : un bouillonnement d'idées, de réflexions, de sentiments, d'impressions, une agitation perpétuelle que seule la discipline de la prière parvient à apaiser.

L'oraison en est bouleversée. II est difficile de maîtriser cet esprit qui caracole dans le silence comme un poulain lâché dans une prairie ! Mais qu'on lui passe le licol et l'effet est ahurissant : précision des images, abondance des références, intelligence accrue des signes, on est enivré par cette nouvelle liberté et ce délié inconnu de l'âme.

Loin d'être un désert, la vie intérieure se révèle une jungle bruissant de mille cris, un shéol d'où montent les gémissements des damnés, une prison où l'essentiel croupit, enchaîné par le futile.

D'abord abasourdi par le vacarme mental que libère le silence, on ose prêter l'oreille, on filtre, on écarte telle pensée, on interrompt telle divagation. Et, tout étonné de voir comme la pétaudière se calme, on réapprend à écouter et à comprendre. On retrouve une acuité de perception, une attention que l'on croyait perdues à jamais.

 

Pas question de s'endormir

Au point que, lors des instructions, on parvient, non seulement à entendre le prédicateur, à suivre le fil de son propos, mais encore à en noter les grandes lignes et à saisir, en outre, ses propres réflexions, ses propres idées et les commentaires qui, jaillis du choc de la parole avec l'esprit du retraitant, vont alimenter l'oraison.

Désembué, dégraissé, décrassé par le détergent du silence, le cerveau s'ouvre à la prédication. Et là, quelle surprise ! On est loin du thé de vieilles dames. La Retraite du Rosaire, c'est, dans un flacon étiqueté « eau de mélisse », un alcool fort et qui décape. Une vague de spiritualité virile, de force intellectuelle, un sursaut de dignité dans l'acceptation de la nature imparfaite de l'homme.

Pas question de s'endormir au son de la voix du prédicateur. On est empoigné, secoué, bousculé. II y a quelque chose de physique dans les sujets traités. Rien d'une vague rêverie mystique. Ce sont de vraies histoires, fortes, surprenantes, scandaleuses parfois. Les personnages de l'Écriture sont des hommes et des femmes qui vivent vraiment, qui connaissent la joie, la souffrance et la gloire.

Lorsqu'ils se font connaître, on est culbuté comme à Gethsémani les Grands Prêtres et les Pharisiens foudroyés par la parole du Christ : « Je suis celui que vous cherchez ». On est avec la Vierge quand, jeune fille tout juste promise à un homme de la Maison de David, et apprenant d'un ange que « l' Esprit du Très-Haut la couvrira de son ombre », elle a cette réponse foudroyante de beauté et de foi : « Qu'il me soit fait selon votre parole ».

On est avec le Christ sur la Via Dolorosa encombrée du peuple qui, quelques jours plus tôt, L'acclamait et qui aujourd'hui Le conspue. Avec Lui, on lit la vérité de l'Homme dans les visages qui se tournent vers le Sien. On est au pied de la croix, quand monte au ciel le terrible cri : « Eli, Eli, Lama sabactani ! »

Pendant quatre jours pleins, dans une intimité de chaque instant, on vit littéralement le rosaire. On ne l'écoute pas, on ne l'étudie pas, on ne le décortique pas. On le vit.


L'oiseau et le laboureur

Cette vie, ils sont deux prêtres qui la font passer. Feu et glace, sang et eau, roc et sable. L'un file sa prédication comme un laboureur pousse sa charrue. De temps en temps, il s'arrête et contemple le chemin parcouru. Puis, comme d'un rameau planté au bout du sillon, il marque la tâche d'une citation de saint Thomas à méditer, et repart, l'oeil fixé sur ses notes.

L'autre évoque un grand milan blanc. Depuis son aire, il scrute le mystère. D'un coup d'aile il s'élève, prend de l'altitude en grands cercles concentriques et cherche. Soudain, son regard perçant devine, là-bas, bien loin, un aspect de la Veritas, cette proie que trente générations de dominicains ont traquée sans relâche. C'est une idée, une citation, une référence, une image. II plonge, saisit sa proie, la ramène d'un trait, l'inspecte, l'examine et, « Contemplata aliis tradere », en nourrit les retraitants jusqu'à ne laisser qu'os et poil. Parfois, une idée plus forte ou plus neuve lui fait venir un rire de joie pure. Comme. En fait, si un froissement d'aile. Ces deux maîtres alternés, ces deux méthodes balancées font merveille. Nulle routine, nulle lassitude. La vérité ainsi prêchée voit sa saveur accrue, sa fécondité. Alors qu'on croit en avoir extrait la substance même, on est tout étonné, à l'oraison, de parvenir à l'enrichir encore.

 

Le secret de l'oraison

L'oraison. Voilà toute l'affaire ! À ce jour, je n'en avais l'expérience que comme d'un silence sec et désespérant. Un échange de mutismes. « Je L'avise et Il m'avise », répondait le paysan au Curé d'Ars qui lui demandait le secret de ses stations devant le Tabernacle. J'aurais pu, quant à moi, répondre : « Je ne dis rien et il se tait ». Depuis cette Retraite du Rosaire, au moins je parle, j'interroge, j'avise, en somme.
Peut-être un jour apprendrai-je à écouter. Le secret n'est pas bien grand. Dès la première instruction, il nous a été découvert : « Une oraison d'un quart d'heure, c'est une oraison d'un quart d'heure, je vous demande donc de rester en oraison jusqu'à la fin du quart d'heure ». Calcul de laboureur qui ne veut pas que le garçon de ferme le vole sur la tâche ? Pas du tout ! En fait, si l'on n'impose pas une durée précise à son cerveau et à son corps, le temps d'oraison se passe à gigoter sur place et à vagabonder par l'esprit en attendant qu'un délai suffisamment courtois soit écoulé... Cela dépasse rarement cinq minutes.
 

Frappez, on vous ouvrira !

En revanche, si l'on sait que, quoi qu'il arrive, on y est collé pour un quart d'heure, on finit par se dire qu'à tout prendre, autant essayer. Et, tout simplement, on se met à poser, dans l'ordre et avec discipline, les actes de l'oraison selon, bien sûr, le Docteur angélique. Et ça marche. Oh ! ne rêvons pas, ce n'est pas une ligne directe avec le Ciel. Le Tout-Puissant ne répond pas quand on le sonne. Mais, au moins, on a la certitude bienfaisante de n'avoir pas perdu son temps en l'offrant au Seigneur et en faisant, comme disait saint Jean-Marie Vianney, « un peu de vacarme à la porte du Bon Dieu ». Et puis, peut-être qu'un jour, « Il nous avisera », nous aussi.

(Serge de Beketch)