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Vers la fin de la vie de notre Bienheureux Père, un jeune étudiant de Bologne, ne sachant quoi le plus admirer de la grâce de sa parole ou de son à-propos dans l'utilisation de la Sainte Écriture, lui demanda dans quel livre il avait le plus étudié. Dominique répondit : " Dans le livre de la charité, plus que dans les livres des hommes ". Voilà pourquoi celui qui fut si terrible à l'erreur obstinée put être appelé le doux Père Dominique par tous ceux qui l'ont connu. C'est qu'il pensait que le premier devoir de la vraie charité est de donner la vérité et de défendre contre l'hérésie, le pire de tous les maux de ce monde, les âmes rachetées du sang du Christ.

De cette pensée découle logiquement toute son action en ce monde : son premier contact avec l'erreur, en Languedoc, décide de sa vie. Sa charité s'émeut à la vue de la perte de tant d'âmes. " Que vont devenir les pécheurs !? ", tel est le cri de sa prière incessante. Pour sauver ces âmes, il se met immédiatement à prêcher la vérité, et entame avec les hérétiques de longs entretiens où il s'efforce, souvent avec succès, de les convaincre.

Mais devant l'obstination hypocrite des ennemis de la foi, il n'hésite pas à soutenir de sa prière et de ses conseils la croisade de Simon de Montfort : il fallait d'abord rétablir par la force la liberté de l'apostolat.

Pour continuer cet apostolat et en rendre les fruits durables, il suscite un Ordre, le premier Ordre monastique formé de clercs et non de laïques : pour exercer la charité de la vérité, ses fils seront des prêtres et: des docteurs, ils enseigneront et défendront la foi. Aussi saint Thomas est-il le vrai fils de la pensée de son Père Dominique. Dans l'institution de son Ordre surtout, se révèle son génie : c'est sans tâtonnements et du premier coup qu'il le réalisa. Il ne revenait jamais sur une décision prise, disent ses contemporains. C'est qu'il concevait fortement, et que son Ordre enfanté dans la prière et dans la méditation, était déjà dans sa pensée, complet et parfait, avant de paraître au jour.

Ayant pensé fortement, il voulait avec la même force persévérante qu'aucun obstacle ne pouvait briser. Lorsqu'il mourut en 1221, usé de fatigues et de pénitences, son oeuvre était réalisée telle qu'il l'avait conçue dans l'esprit de Dieu, et telle qu'elle devait se perpétuer en se renouvelant durant sept cents ans.

Tel fut notre doux Père, et le secret de cette pensée sereine forte, de cette volonté inébranlable, nous devons le chercher son union incessante avec son Dieu, car il a été dit de lui qu'il parlait que de Dieu ou avec Dieu.

(d'après un missel dominicain)

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Articles sur saint Dominique
(bon de commande de numéros de Sedes Sapientiæ)

- Brigitte PIPON : Recension de Michel ROQUEBERT : Saint Dominique, la légende noire,
in Sedes Sapientiæ n° 89 (automne 2004), pp. 79-82.

Article sur saint Dominique en partie :

- Père Louis-Marie de BLIGNIERES : Entretien avec le Prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier,
in Sedes Sapientiæ n° 91 (mars 2005), pp. 3-16.

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