De cette
pensée découle logiquement toute son action en ce
monde : son premier contact avec l'erreur, en Languedoc, décide
de sa vie. Sa charité s'émeut à la vue de
la perte de tant d'âmes. " Que vont devenir les pécheurs
!? ", tel est le cri de sa prière incessante. Pour
sauver ces âmes, il se met immédiatement à
prêcher la vérité, et entame avec les hérétiques
de longs entretiens où il s'efforce, souvent avec succès,
de les convaincre.
Mais devant
l'obstination hypocrite des ennemis de la foi, il n'hésite
pas à soutenir de sa prière et de ses conseils la
croisade de Simon de Montfort : il fallait d'abord rétablir
par la force la liberté de l'apostolat.
Pour continuer
cet apostolat et en rendre les fruits durables, il suscite un
Ordre, le premier Ordre monastique formé de clercs et non
de laïques : pour exercer la charité de la vérité,
ses fils seront des prêtres et: des docteurs, ils enseigneront
et défendront la foi. Aussi saint Thomas est-il le vrai
fils de la pensée de son Père Dominique. Dans l'institution
de son Ordre surtout, se révèle son génie
: c'est sans tâtonnements et du premier coup qu'il le réalisa.
Il ne revenait jamais sur une décision prise, disent ses
contemporains. C'est qu'il concevait fortement, et que son Ordre
enfanté dans la prière et dans la méditation,
était déjà dans sa pensée, complet
et parfait, avant de paraître au jour.
Ayant pensé
fortement, il voulait avec la même force persévérante
qu'aucun obstacle ne pouvait briser. Lorsqu'il mourut en 1221,
usé de fatigues et de pénitences, son oeuvre était
réalisée telle qu'il l'avait conçue dans
l'esprit de Dieu, et telle qu'elle devait se perpétuer
en se renouvelant durant sept cents ans.
Tel fut notre
doux Père, et le secret de cette pensée sereine
forte, de cette volonté inébranlable, nous devons
le chercher son union incessante avec son Dieu, car il a été
dit de lui qu'il parlait que de Dieu ou avec Dieu.
(d'après
un missel dominicain)
Saint
Dominique (version imprimable)