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Toute la splendide magnificence de la
liturgie catholique, dans son exubérante diversité,
comme dans ses aspects multiples, trouve son origine
et son centre dans l'acte, aussi simple que transcendant,
qui se déroula au Cénacle à la
veille de la Passion.
« Pendant qu'ils étaient à table,
dit saint Matthieu, Jésus prit du pain, le bénit,
le rompit, et le donna à ses disciples en disant
: Prenez et mangez, ceci est mon corps.
Et, prenant le calice, il rendit grâces et le
leur donna en disant : Buvez-en tous, car ceci
est mon sang, qui sera le sceau de la nouvelle alliance
»
La première Messe vient d'être célébrée.
Un nouveau sacrifice, d'une valeur infinie, abolit tous
les sacrifices figuratifs de la loi antique. La promesse
de Jésus à Capharnaüm devient réalité
: « Le pain que je vous donnerai, avait-il
dit, c'est ma propre chair
En vérité,
en vérité, je vous le dis, si vous ne
mangez pas la chair du Fils de l'Homme, et si vous ne
buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie éternelle
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en
moi, et moi en lui
Qui mange ce pain vivra éternellement.
»
Ce dur langage, qui amènera certains disciples
à l'apostasie, devient une réalité
grâce au miracle de la transsubstantiation. Et
les hommes ont mangé le pain des anges. Les deux
parties essentielles de la Messe sont bien définies
: consécration et banquet.
Diversité de rites ![[ Haut de page ]](img/retour.gif)
Nous ne savons pas quand les apôtres
ont accompli pour la première fois le commandement
du Seigneur : Faites ceci en mémoire de
moi. Mais nous devons imaginer la Messe apostolique
dans ce contexte de simplicité évangélique.
Le livre des Actes des Apôtres fait quelques allusions
à la Messe de la première communauté
chrétienne.
Très vite, la piété des fidèles
entoure cet acte de la prière commune, comme
celle de la synagogue. Notre actuelle préparation
à la Messe est née du chant des psaumes,
de la lecture de la loi et des prophètes.
Ce second élément, ou partie non essentielle
de la Messe, s'est développé en prenant
pour fin la piété du célébrant
et des fidèles. Les diverses liturgies de l'Église
catholique trouvent ici leur origine et leur explication.
Fastueuses et éblouissantes en Orient, sobrement
majestueuses en Occident, toutes unies dans la foi,
le culte et le gouvernement, elles constituent, au sein
de cette variété, l'hommage le plus grandiose
des intelligences et des curs de tous les peuples
à leur Divin Rédempteur.
Après quelque temps, la spontanéité
primitive a disparu pour faire place à des formules
précises. Ainsi sont apparus les premiers livres
liturgiques. Le plus important d'entre eux est le Liber
Sacramentorum, dont se servait le célébrant
pour le Saint Sacrifice et l'administration des Sacrements.
Dès le neuvième siècle environ,
le célébrant utilise un livre qui contient
toutes les parties de la Messe et qui reçoit
le nom de Missel.
En plein XIIIe siècle, la plus grande diversité
de rites existe encore, en Orient comme en Occident.
Espagne, France, Irlande, Milan ont leurs rites propres.
À Rome même, il y a divers offices. C'est
à ce moment-là qu'apparaît l'Ordre
des Prêcheurs. Après sept siècles
d'existence, cet ordre conserve avec amour un de ces
rites médiévaux, dont nous nous proposons
de donner une brève idée à nos
lecteurs.
La liturgie dans l'Ordre ![[ Haut de page ]](img/retour.gif)
Saint Dominique, qui fut un novateur
dans l'ordre intellectuel et apostolique, n'a pas eu
besoin de l'être dans l'ordre de la spiritualité.
Une tradition séculaire de spiritualité
liturgique, représentée par le monachisme,
s'impose à lui. La liturgie arrivera à
poser des bases plus fermes pour l'organisation de la
nouvelle vie d'apostolat ; elle perdra son caractère
de fin dans la vie religieuse, pour se changer en moyen,
mais moyen essentiel pour la réalisation des
buts de l'Ordre, ramassés dans la formule de
saint Thomas d'Aquin que l'Ordre adoptera comme devise
: Contemplata aliis tradere, communiquer aux
autres ce qui est contemplé.
Quand le Patriarche des Prêcheurs disperse aux
quatre vents les frères de l'Ordre naissant,
ils n'ont pas encore envisagé le problème
liturgique qui se pose à eux. Les liturgies locales
sont très compatibles avec les monastères
créés par saint Benoît, dont chacun
a une vie propre et indépendante, mais non avec
un Ordre fortement centralisé, dont les membres
sont voyageurs par vocation.
Les premiers Frères Prêcheurs doivent se
plier aux coutumes liturgiques de chaque région.
La nécessité d'un rit unique se fait sentir
pour la première fois lorsque, à l'occasion
des Chapitres généraux, se réunissent
des frères venant de régions très
diverses. La multiplicité des coutumes alourdit
ou même empêche la prière chorale
durant ces assemblées ; c'est pourquoi il n'est
pas aventureux d'affirmer que saint Dominique lui-même,
constatant sa nécessité, fut le premier
promoteur de l'unification liturgique.
Cependant, ce n'est pas l'autorité de saint Dominique
qui met son sceau sur cette uvre. C'est son successeur
immédiat, le bienheureux Jourdain de Saxe, qui
promulgue légalement le premier office unifié.
Pourtant cette première uniformité réalisée
ne plaît pas à tout le monde, et le Chapitre
général de 1244 ordonne que les définiteurs
de l'année suivante présentent au Chapitre
les rubriques et le chant du bréviaire nocturne
et diurne, du graduel et du Missel, afin d'assurer la
concordance de l'office. Des erreurs de transcription
avaient échappé, il était nécessaire
de les rectifier.
Le Chapitre de 1245 confie le travail de révision
générale à une commission de quatre
frères de provinces et de nationalités
différentes, et ordonne à Humbert de Romans,
Provincial de France, d'établir un lectionnaire
qui soit universellement accepté dans l'Ordre.
La correction des quatre frères est approuvée
par les Chapitres de 1246, 1247 et 1248. Mais cette
correction provoque de nouvelles plaintes, et le Chapitre
de 1250 ordonne à ses auteurs d'entreprendre
la correction de leur correction ; le nouveau travail
est terminé en 1251.
Que se passe-t-il alors ? Évidemment, le Chapitre
qui élit pour Maître général
Humbert de Romans le charge de remettre tout en ordre.
Finalement, en 1256, la liturgie mise en ordre par Humbert
de Romans acquiert force de constitution et Clément
IV l'approuve en 1287. L'histoire a magnifiquement nommé
Humbert : Ordinis exemplar et cæremoniarum
pater (modèle de l'Ordre et père des
cérémonies). Depuis lors, la liturgie
dominicaine est restée la même ; les changements,
les retouches plus ou moins heureuses qu'elle a connus
au cours de sept siècles ne nuisent pas à
l'essentiel. Lorsqu'en 1570, saint Pie V impose à
toute l'Église le bréviaire et le Missel
romains, corrigés par ses soins et ceux de son
prédécesseur, il excepte de cette loi
les liturgies qui existent depuis au moins deux cents
ans. La liturgie dominicaine conserve donc son individualité.
En 1256 la liturgie dominicaine se présente comme
une des premières, sinon la première,
liturgies bien déterminées, avec de tels
caractères d'unité, de stabilité
et de précision, que beaucoup ont désiré
l'adopter. Le Saint-Siège l'accorde aux chevaliers
de l'Ordre Teutonique. Les croisés et un certain
nombre de familles et maisons religieuses l'adoptent
également. Sous Édouard III, elle devient
la liturgie de la Cour d'Angleterre, et aussi celle
de certains diocèses, comme celui d'Agram, en
Autriche. Son influence est également reconnue
dans la liturgie des carmélites.
Sources de la liturgie dominicaine ![[ Haut de page ]](img/retour.gif)
A quelles sources nos liturgistes se
sont-ils abreuvés ? On a fort bien dit que les
auteurs de notre liturgie se sont évertués
plutôt à unifier qu'à créer.
Quels éléments ont-ils adoptés
pour y parvenir ? On a également dit et répété
que la liturgie dominicaine est gallicane, et plus concrètement
parisienne, donnant comme raison de ce caractère
le fait que l'Ordre des Prêcheurs est né
en France et que sa liturgie a été réglée
par un Français, Humbert de Romans.
Pourtant, ces raisons ont plus d'apparence que de réalité.
Des recherches récentes nous donnent une autre
conclusion : c'est un rit qui a conservé les
usages romains abandonnés par la liturgie romaine
actuelle. De sorte que la liturgie dominicaine est essentiellement
romaine.
Pour le comprendre, il est nécessaire de se souvenir
qu'à Rome, au Moyen-Âge, il y avait deux
offices liturgiques : l'office de l'Église romaine,
suivi dans les basiliques, et l'office selon les usages
de la Curie, ou Cour romaine, observé dans la
chapelle du palais apostolique.
L'office de l'Église romaine était plus
complet. Ses particularités et caractéristiques
se retrouvent en grande partie dans le rit dominicain.
Les Églises particulières, les ordres
religieux et, parmi eux, celui de saint Dominique, ont
calqué leur liturgie sur celle de l'Église
romaine.
L'office de la Curie n'avait pas la stabilité
de l'office des basiliques. Surchargée de travail
et se déplaçant sans arrêt, la Curie
romaine abrégeait ou changeait son office ; les
coutumes les moins essentielles avaient été
supprimées d'un seul coup. C'est l'office que
les Frères Mineurs ont adopté, propagé
et implanté dans le monde entier avec un grand
esprit de suite. En 1277, le pape Nicolas III, grand
ami des Mineurs, impose aux églises de Rome les
livres liturgiques de la Curie, retouchés par
les franciscains. De ce fait, beaucoup de coutumes nettement
romaines ont disparu de Rome et n'ont survécu
que dans les liturgies particulières, spécialement
dans la liturgie dominicaine.
Le fait que de tels usages ne se trouvent pas dans le
bréviaire de la Curie ou de saint Pie V ne suffit
pas pour les qualifier de gallicans. Plus encore, pour
paradoxale que paraisse cette affirmation, il faudrait
dire que certaines liturgies particulières, comme
la dominicaine, ayant conservé ces usages, sont
pour cela plus romaines que la liturgie romaine actuelle.
Les rites de la Messe dominicaine ressemblent plus aux
anciens rites basilicaux et ont mieux conservé
leur majestueuse simplicité. Si les prières
du Missel, par exemple, sont quelquefois différentes
des prières du Missel romain actuel, comme cela
se produit pour l'Assomption de la Vierge, ces prières
n'en sont pas moins authentiquement romaines, étant
donné qu'elles sont prises dans le sacramentaire
grégorien. Il est vrai que quelques usages locaux
ont été adoptés par la liturgie
dominicaine, mais cela ne suffit pas pour la qualifier
de gallicane ou de parisienne. En réalité,
le rit dominicain est authentiquement romain, d'une
pure romanité, sans pour autant dédaigner
d'autres influences fécondes en piété
et beauté.
Caractères généraux ![[ Haut de page ]](img/retour.gif)
Nous allons souligner quelques particularités
de la liturgie dominicaine.
La spiritualité dominicaine est sobre, ample,
vigoureuse. Sobre, car la raison imprime son rythme
aux affections. Ample, car elle n'emprisonne pas dans
des méthodes ni des systèmes d'école
; spiritualité éminemment évangélique,
très riche en nuances de sainteté. Vigoureuse,
puisqu'elle se base sur le dogme, étant profondément
théologique. Nous pourrions en dire autant de
sa liturgie, étant donné que - sans être
une création de l'Ordre, comme nous l'avons expliqué
- elle a reçu de lui sa propre personnalité,
en s'adaptant à la vie d'intense intellectualité
et d'apostolat de cet Ordre.
Ainsi, la vie liturgique réunit la loi de la
prière et la loi de l'étude. Elle aide
à l'acquisition de la véritable science.
Sans la prière canonique chorale, le frère
prêcheur ne pourrait arriver à la maturité
des sciences sacrées. C'est pourquoi elle a toujours
été considérée comme un
élément essentiel de la formation et de
la vie dominicaine et, malgré la vie moderne
et les conditions où doit se dérouler
l'apostolat de nos jours, les Chapitres généraux
continuent à considérer que la vie liturgique
est aussi consubstantielle au frère prêcheur
que la vie d'étude ; ils pensent que tous les
exercices de prière privée prescrits dans
les congrégations modernes ne valent pas cette
synthèse harmonieuse de vie de chur et
de prédication, de moine et d'apôtre, conçue
par saint Dominique.
Liturgie mariale ![[ Haut de page ]](img/retour.gif)
Trois pratiques liturgiques fondamentales
ont reçu de l'Ordre une influence particulière.
En premier lieu, la liturgie en l'honneur de la Vierge.
On sait que le peuple chrétien a spontanément
baptisé les religieux du récent Ordre
de saint Dominique du nom de Frères de Marie.
Ces premiers Frères se levaient pour réciter
le petit office de Notre-Dame, et se couchaient seulement
après avoir chanté l'antienne la plus
suave, le Salve Regina, à la fin des complies.
Cette pratique, universelle dans l'Ordre à partir
de 1226, s'étendra, des années plus tard,
à la liturgie romaine et même si - dans
celle-ci - le changement d'antienne se plie au temps
liturgique, cette heureuse initiative sera toujours
une gloire dominicaine.
D'autres cérémonies et formules liturgiques,
dont l'énumération serait fastidieuse,
se sont introduites dans le rit dominicain, lui donnant
une nuance mariale fortement marquée. La fête
de la Visitation de Notre-Dame s'étendit à
l'Église universelle sous l'impulsion du grand
religieux qu'était le bienheureux Raymond de
Capoue.
Liturgie eucharistique ![[ Haut de page ]](img/retour.gif)
L'influence de la liturgie dominicaine
est plus grande encore dans la liturgie du Très
Saint Sacrement. Un dominicain, Hugues de Saint-Cher,
fut le confident de la bienheureuse Julienne, à
qui le Seigneur manifesta son désir que fût
instituée la Fête-Dieu, et plus tard, le
même Hugues, devenu cardinal et légat pontifical,
approuva cette fête et la déclara obligatoire
sur tout le territoire de sa légation. La fête
ayant été rendue universelle en 1264 par
le pape Urbain IV, il fallait un chantre digne d'un
aussi sublime mystère, et ce même pape
le trouva en saint Thomas d'Aquin, qui lui présenta
l'une des pièces les plus belles et les plus
pleines de la liturgie catholique. De ses hymnes et
de sa prose rimée, on ne sait s'il faut plus
admirer la hauteur de l'inspiration ou la profondeur
théologique, ou encore la sublime simplicité
des concepts. Le peuple chrétien ne se lassera
jamais de chanter les hymnes eucharistiques composés
autrefois par le plus grand théologien de l'Église.
C'est un frère prêcheur, le frère
Thomas de Stella, qui fonde la première Confrérie
du Très Saint Sacrement dans son couvent de la
Minerve, à Rome, confrérie qui s'est répandue
dans le monde entier.
Liturgie des défunts ![[ Haut de page ]](img/retour.gif)
La prière liturgique pour les
défunts revêt dans l'Ordre une importance
particulière. Son origine remonte au fondateur
lui-même, très dévot aux âmes
du Purgatoire, ainsi qu'en témoignent ses premiers
biographes.
Les Chapitres généraux ont tous rivalisé
pour développer la liturgie des morts et en étendre
les suffrages aux parents, familiers et bienfaiteurs.
Il y a certainement peu d'Ordres où l'on prie
autant pour les morts. Certaines mélodies de
ces offices, conservées avec amour, comme le
Nunc Christe et le Creator, sont d'une
beauté sans égale.
Autres caractéristiques ![[ Haut de page ]](img/retour.gif)
Les complies possèdent également
leur caractère propre. C'est l'heure des dominicains.
Pendant cette heure, les premiers frères ont
joui de nombreuses fois de la présence de la
Reine des cieux. Aujourd'hui encore, elle conserve un
caractère sacré. Dans les couvents où
le nombre de religieux le permet, les complies se chantent
à la dernière heure du jour et personne
n'est dispensé d'y assister. Cette solennité
a produit une grande variété d'hymnes
et d'antiennes, trésors de piété
que la liturgie romaine actuelle ne connaît plus.
Elles ont un charme particulier dans les temps du Carême
et de la Résurrection. Pendant le Salve Regina
les religieux vont en procession à l'autel de
Notre-Dame.
Dans le rit dominicain, il reste aussi, pour certaines
festivités, un souvenir de l'antique office du
Chapitre des moines, particulièrement à
la veille de Noël.
Il faut noter aussi que, dans la liturgie dominicaine,
la fête de la Sainte Trinité est, avec
l'Épiphanie et Pâques, une de ces fêtes
appelées cardinales, car elle est le point de
départ d'une série de dimanches qui portent
son nom. Elle remplace le premier dimanche après
la Pentecôte, qui n'existait pas dans la liturgie
dominicaine, et elle est considérée comme
une fête capitale, sommet et couronnement du cycle
de la Rédemption. Elle est suivie d'une octave,
et le dimanche suivant est appelé octave
de la Trinité. C'est pourquoi, jusqu'en
1962, les dimanches se comptaient après l'octave
de la Trinité, alors que dans le rit romain ils
se comptent après la Pentecôte.
La Messe ![[ Haut de page ]](img/retour.gif)
Pour terminer, signalons quelques particularités
qui caractérisent la Messe solennelle dans notre
rit. L'introït, appelé office, est le chant
d'entrée. Le célébrant et ses ministres
ne montent à l'autel qu'après la répétition
de l'introït par le chur. On ne récite
pas le psaume Judica me Deus, et l'on n'encense
pas l'autel au moment du Kyrie. Par contre, après
les prières, le célébrant se retire
du côté droit pour réciter après
l'épître le graduel et l'alléluia.
Puis le sous-diacre lui présente le calice pour
le préparer. L'offrande simultanée du
pain et du vin est une autre particularité. La
prière de l'offertoire, l'Orate fratres,
le Hæc sacrosancta commixtio et les prières
de la communion sont propres au rit dominicain. En revanche,
le Domine non sum dignus, dont l'introduction
à la Messe est relativement récente, est
supprimé, ainsi que la prière Domine
Jesu Christe, qui dixisti. Le prêtre se donne
la communion avec la main gauche. Pour les fêtes
majeures doubles, la présence de la croix donne
un relief spécial au chant de l'Évangile.
Grandeur et austère simplicité ![[ Haut de page ]](img/retour.gif)
La liturgie dominicaine a gardé
un air de grandeur, une simplicité peut-être
austère, mais non pas froide, majestueuse et
profondément impressionnante. Son secret a été
de conserver la sobre richesse romaine, en se dépouillant
des ajouts qui alourdissaient et prolongeaient certaines
liturgies particulières. Sobriété,
simplicité, majesté, austérité
joyeuse sont les caractères qui conviennent à
une liturgie destinée à des religieux
qui, sans abandonner la célébration solennelle
de l'office, font de l'apostolat leur premier devoir.
L'Ordre conserve sa liturgie avec amour, non par esprit
de singularité, mais par vénération
envers un rit qu'il a hérité de ses plus
grandes lumières, un rit utilisé par saint
Pierre martyr, saint Raymond de Peñafort et saint
Thomas d'Aquin, les plus grands champions de l'Unité
catholique.
Selon le sentiment de Baronius, le rit dominicain, avec
le cistercien, le chartreux, le prémontré
et le carme, montre la variété dans l'Église
occidentale ; il confirme l'unité, restant en
même temps une source perpétuelle de beauté.
Lorsque le pieux lecteur aura parcouru ce Missel, voyant
briller l'office des saints dominicains parmi les splendeurs
du cycle christologique, nous ne doutons pas qu'il n'ait
une idée complète de la grandeur de l'Ordre.
En conclusion d'un grand syllogisme, il se souviendra
des paroles que la liturgie applique au père
des Frères Prêcheurs :
Laudes ergo
Dominico
Le
rite dominicain (version imprimable)
Textes des liturgies dominicaine et romaine :
- Ordo missæ de liturgie dominicaine en vigueur jusqu'à la réforme liturgique :
- Synopse des textes ordinaires de la messe des liturgies latines traditionnelles en vigueur (1) jusqu'à la réforme liturgique : - liturgie occidentales romaines :
liturgique : liturgique- liturgie de l'Eglise universelle (rit romain),
liturgique : liturgique- liturgies d'église particulière (rits de Lyon et de Braga),
liturgique : liturgique- liturgies d'ordre religieux (rits dominicain, cartusien et
carmélitain),
liturgique : - liturgies occidentales non-romaines :
liturgique : liturgique- liturgies d'église particulière (rits ambrosien de Milan et mozarabe de Tolède).
(les fichiers sont extraits du site Sección de Estudios de Liturgia Medieval)
(1) : Cf. Père Gabriel DIAZ PATRI, Unité de la foi et diversité liturgique, in Foi et liturgie (Actes du 7ème colloque du CIEL - Versailles - novembre 2001), p.145.
- Synopse de l'Ordo missæ du rits romains avant et après la réforme liturgique
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